La Petite Robe Bleue (1)

 

                                                

                            LA PETITE ROBE BLEUE

                                                              

                                                             Par Diablotin Lubrique

                                                                                                                         

    

   Anaëlle et Alister sont un couple comme beaucoup d’autres. Métro, boulot, dodo, comme on dit. Ils ont également beaucoup de sujets de discussion en commun et partagent certains loisirs ensemble. Ils s’autorisent, de temps à autres, quelques jours de détente dans des endroits tranquilles, jolis et le moins touristique possible.

  Pourtant quelque chose les différencient des autres ménages, en plus d’être toujours amoureux malgré le temps qui a passé et les épreuves de la vie, ils sont complices. Mieux que ça, ils sont complémentaires. Ils s'emboîtent l’un dans l’autre comme les deux pièces d’un même puzzle qui représenterait le ying et le yang, étant tout à tour, soit le noir, soit le blanc. Dans de nombreuses occasions, cette interdépendance leur permet de prendre la bonne décision.

  Mais il y a toujours une ombre dans les tableaux idylliques. En l'occurrence, toutes ces choses rébarbatives qui gâchent la vie et qui empêchent de faire ce que l’on désire le plus au moment où l’on en a le plus envie. Et hormis le boulot qui implique systématiquement le métro et le dodo, il reste le ménage, la lessive, la paperasse, l’entretien de la maison et dans une moindre mesure la cuisine.  Que de temps passé ! Perdu ! A laver, ranger, cuisiner. Il fallait trouver une solution. Elle se présenta sous la forme d’une pub distribuée avec leur courrier. Une agence se proposait de vous débarrasser de toutes ces corvées chronophages en échange d’une rémunération. Soit en vous attribuant une aide ménagère régulière, soit en faisant intervenir toute une équipe ponctuellement suivant vos disponibilités. 

  C’est Alister qui trouva la pub et qui soumit l’idée à sa compagne. Ils en discutèrent et elle promit d’y réfléchir. 

  Alister était plutôt pour car c'était souvent lui qui s’y collait étant donné ses horaires plus souples. Mais Anaëlle était quelque peu réticente de voir une personne étrangère s'immiscer ainsi dans sa vie privée. Pourtant la décision fut prise à condition d’instaurer et de faire respecter plusieurs règles. Un contrat fut donc signé avec l’agence qui stipulait les actions à mener et les endroits accessibles ou non suivant la présence des propriétaires. Par exemple, les chambres et les bureaux seraient interdits en l'absence de Madame ou Monsieur, et toute initiative devrait être confirmée soit par l’un, soit par l’autre. Carte blanche était donnée pour l’entretien du salon, du living-room, de la cuisine, de la salle de bain, du linge et des toilettes.

   Il se présenta plusieures prétendantes en plus de deux hommes qui ne furent, d’office, pas retenus. Le seul homme, maître de maison proclamé et incontesté, devant rester Alister. De plus, Anaëlle voyait mal un homme laver et ranger ses petites culottes ou fouiller ses tiroirs.

 Puis il y eut Sabine. C’est Alister qui la reçu le premier. Il fut conquis au premier regard par ses yeux verts émeraude. Son épaisse chevelure rousse descendait en ondulant plus bas que ses épaules et sa poitrine généreuse la précéda dans l’embrasure de la porte. Elle n’était pas très grande, vêtue d’une robe d’été ample et légère. Le soleil, qui descendait à l'horizon, illuminait l’encadrement et la rendait transparente, dévoilant amplement son entrejambe en ombre chinoise. 

Il l’invita à entrer.

  • “Je suis désolé ma femme n'est pas encore rentré. Est-ce que vous pourriez attendre un peu ? Elle ne devrait pas tarder. ”

  • “ Oui bien sûr, j'ai un peu de temps devant moi ”

  Il l'invita à s'asseoir dans un des grands fauteuils du salon. C'était de grands fauteuils de cuir bien profonds, elle s'assit sur le bord en serrant ses pieds l’un contre l’autre, son petit sac à main posé sur ses genoux. Ses jambes et ses bras dénudés, ainsi que son visage, étaient couverts de petites taches de rousseur. Alister en déduisit aussitôt qu'il s'agissait d'une véritable rousse. Elle devait avoir un peu plus de vingt ans. Elle avait l'air timide et mordillait ses lèvres tout en tordant les anses de son sac à main. 

  Alister lui proposa un verre d'eau, pensant la mettre à l'aise, mais elle refusa poliment. Alors il lui demanda si elle avait des lettres de référence, ce à quoi elle répondit que “non” en baissant les yeux mais que, si ils acceptaient, ce pourrait être son premier emploi. Puis dans la foulée, autant pour les sortir que pour occuper ses mains, elle attrapa les formulaires de l’agence et les posa sur la table du salon. 

  Alister reprit.

  • “ Bien ! Mais vous savez je ne suis pas seul à décider et à vrai dire pour nous aussi c’est une première fois “

  Elle eut une petite grimace qui devait être un sourire. Elle ne regardait pas partout comme Alister l'aurait pensé, cherchant la poussière ou estimant déjà le travail qu’elle aurait à fournir. Non ! Elle fixait le sol, emmêlant ses doigts dans les poignées de son sac.

  Alister pensa “ Elle est vraiment timide ! Ou peut-être a-t-elle peur? C’est qu'on a  déjà dû lui en raconter et la mettre en garde contre tout ce qui peut arriver lorsqu'on est une femme de ménage.”  

  Un bruit de moteur et de pneus qui crissent sur des graviers prévinrent de l’arrivée d’Anaëlle.

  • “ Ah ! Voilà ma femme ! “

  La jeune femme se leva comme si elle avait fait quelque chose de mal et dans un geste machinal defroissa sa robe qui n’était pas froissée.

  Alister se dirigea vers l’entrée pour accueillir sa compagne, mais Anaëlle poussait déjà la porte  en lançant au couloir “ Bonsoir ! C’est moi mon amour ! “. Elle s'apprêtait à l’embrasser fougueusement, comme tout les soirs quand elle rentrait, mais elle fut bloquée dans son élan par Alister qui l’embrassa gentiment et lui dit : 

  • “ Nous avons une visiteuse ma chérie “.

  La jeune fille était rouge pivoine et cherchait un trou de souris, mais elle n’avait pas lâché sa précieuse sacoche.

  • “ Excusez moi je ne m’attendais pas à trouver quelqu'un à la maison ! ”. 

  Sabine regarda à nouveau le carrelage mais Anaëlle avait tout de même eu le temps de croiser son regard vert. 

  Alister reprit. 

  • “ Chérie, je te présente Sabine qui est envoyée par l’agence pour le poste d’aide ménagère ! “.

  • “ Bonsoir Sabine, moi c’est Anaëlle ! “. 

Dit-elle en s'approchant de la jeune fille, main tendue. Sabine serra timidement la main d’Anaëlle qui ne pouvait détacher son regard du rayon vert qui émanait des yeux légèrement fardés. Quand elle pu le quitter, elle repris.

  • “ Ainsi l’agence vous à choisie pour travailler chez nous ? Est ce que vos beaux yeux sont votre seul atout pour ce poste “ 

Dit-elle en détaillant la jeune fille du haut en bas, avisant sa poitrine avec un brin de jalousie, mêlé d’un soupçon d’intérêt. La jeune femme devint cramoisie. Alan intervint.

  • “ Veuillez excuser ma femme, mais vos prédécesseures ne faisait pas l’affaire alors vous comprendrez notre méfiance. “ Puis se tournant vers Anaëlle .

  • “ Ma chérie ! Sabine m’a avoué n’avoir aucune référence particulière concernant ce métier mais je pense que l’on pourrait lui laisser une chance.” 

Il était déjà acquis à sa cause. Sabine prit son courage à deux mains pour intervenir.

  • “ Madame, je suis la plus grande des filles à la maison et j’ai des frères et sœurs. C’est moi qui m’occupe du ménage et de la cuisine puisque mes parents travaillent. Et croyez moi, notre maison est bien tenue ”.

  • “ Soit ! Voilà un excellent certificat en plus de vos jolis yeux. Nous vous essayerons donc ” conclut Anaëlle qui sans s’en apercevoir avait pris un petit air gourmand. 

  Ce petit bout de langue, qu’elle passa rapidement sur ses lèvres en même temps qu’un discret haussement des sourcils, n’échappa pas à Alister, bien qu’il en fut surpris.

Il se ressaisit et ajouta.

  • “ Bien ! Alors quand pouvez-vous commencer ? “

  • “ Oh mais dès demain si vous voulez ! “ répliqua aussitôt la jeune fille aux cheveux cuivrés avec un large sourire. Elle se retint de sauter de joie.

  • “ Très bien ! Alors à demain ! “ répondit Alister qui avait commencé à remplir les formulaires de l’agence. “ Nous réglerons les autres détails et nous verrons ensemble ce que nous attendons de vous après avoir fait le tour de l'appartement.”

Sabine les remercia, les salua et repartit toute guillerette.

  • “ Je crois que nous venons de faire une heureuse en lui offrant ce travail “ dit Alister en s’adressant à sa femme qui lui parut songeuse. 

  • “ Tu en penses quoi ? ”.

  • “ Elle me semble un peu godiche mais ce n'est peut-être pas plus mal !  Et un peu trop jolie à mon goût “ répliqua-t-elle aussitôt la tête légèrement penchée sur le côté avec un regard de suspicion. “ Et tu m’a parut bien prompt à vouloir l’embaucher ! “.

  • “ C’est vrai que je la trouve charmante et quant à son côté emprunté, je pense qu’elle est simplement timide, stressé, jeune et sans beaucoup d’expérience de la vie. “

  A ce moment précis, ils pensèrent tous les deux en même temps. “ Hummm ! Je me chargerais bien de lui apprendre quelques trucs sur la vie “. Alister pensant que Anaëlle allait lire sa pensée sur son visage, reprit aussitôt. 

  • “ Laissons lui un peu de temps, nous verrons bien “. 

  Le lendemain, tout se passa bien. Après la visite de l'appartement, il fut convenu des jours d’activité, correspondant à la présence de l’un ou de l’autre, et des tâches à accomplir. Ainsi que des pièces de la maison susceptibles d’avoir besoin d’être nettoyées. Les deux bureaux, celui de Monsieur et celui de Madame resteraient fermés à clef. Il y avait trop de dossiers privés et chacun y préservait son mode de rangement. Autrement dit  “ c’était chacun son petit chantier “. Fermées aussi les chambres. La chambre d’amis qu’il ne serait  nécessaire d’astiquer que si des amis restaient dormir, leur chambre personnelle dont ils se réservait l'entretien dans un premier temps et enfin la chambre au fond du couloir qui servait de débarras et qu’il n’était même pas utile d'épousseter tant elle contenait de vieilleries inutiles. Puis Sabine commença son ouvrage avec entrain sous la surveillance de ses patrons qui bizarrement ne travaillaient ni l’un, ni l’autre ce jour-là.

Dans les jours qui suivirent, ils mirent en place un calendrier établissant des tours de garde pour avoir un œil sur la jolie rousse. Puis, le temps aidant la confiance à s’installer, on fit faire un jeu de clefs de la porte d’entrée spécialement pour elle. Au cours des semaines, Sabine avait pris ses marques. Elle était plus à l'aise et aimait son boulot. Elle aimait bien ses deux patrons qui semblaient eux même l'apprécier.

    A présent, le couple et l’aide ménagère se croisaient rarement et quand ils rentraient tout était nickel. De temps en temps, à la demande de l’un ou l'autre, un repas les attendait. 

  Il fut décidé qu’une fois par semaine, ils se rencontreraient afin de discuter d’éventuels petits problèmes, menus, achats de produits ménagers, ou telle activité à privilégier.

  Au cours d’un de ces débriefings après le travail, c’est Anaëlle qui proposa de prendre un apéritif. Sabine déclara qu’elle ne buvait pas d’alcool mais Anaëlle insista pour qu’elle prenne une petite coupe de champagne “ juste pour trinquer “. Elle n’osa pas refuser. 

  Ils parlèrent de choses et d'autres et au cours de la conversation, ils la trouvèrent beaucoup moins naïve qu’ils ne le pensaient mais toujours aussi réservée.

  Anaëlle avait fait du shopping et elle tendit une pochette à Sabine en lui disant.

  • “ Loin de moi l’idée de vouloir vous imposer un uniforme mais je trouve que cette robe ne convient pas à votre teint, ces couleurs pastel bien que très fraîches ne vous mettent pas en valeur. Je me suis permise de vous en choisir une autre. Ce bleu devrait s’accorder superbement à votre couleur de chevelure. Vous voulez bien l’essayer ? Et si elle vous plaît j'aimerais que vous la mettiez lorsque vous travaillez à la maison.”


                                  


   Ce n’était pas un uniforme à proprement parler mais c’était assurément un souhait qui ressemblait à un ordre. Alister envoya un petit signe de reproche à sa compagne qui lui répondit aussitôt par une mimique qui voulait dire “ Attend de voir ”.

 Sabine s'exécuta, prit le sachet et se dirigea vers la salle de bain.  Pour sa part, elle préférait les tons fleuris, pastel, pas trop criards. Mais il est vrai que ce bleu aigue-marine lui allait bien. Malgré tout, cette robe avec un décolleté fort découpé, assez courte et un peu moulante, n'était pas vraiment faite pour ce genre de travail. Madame Anaëlle, si elle avait du goût pour appareiller les couleurs, n'était pas au fait en ce qui concerne les travaux ménagers. Qu’à cela ne tienne ! Un petit tablier devrait combler les manques de tissus.

 En revenant dans le salon, elle dit. 

  • “ C’est pas un peu trop…”  Anaëlle la coupa net. 

  • “ Pas du tout ! Vous êtes magnifique ! N'est-ce pas Alister ? ”

Alister ouvrit la bouche et écarquilla les yeux. Il aurait bien émis un petit sifflement s’il n'avait eu peur de blesser sa compagne. Il bredouilla un truc incompréhensible ne sachant plus où donner des yeux car l’occasion qu’on lui donnait de contempler la jeune fille était trop belle. 

  Cette robe la gainait si bien que la moindre de ses courbes y étaient dessinées. Son décolleté, dévoilait la naissance de ses seins pailletés de rouille, tandis que le tissu en soulignait aussitôt le galbe. Plus bas sur son ventre, il faisait apparaître son nombril mais tendu par ses hanches, il estompait à peine son mont de Vénus. La robe se terminait en se plaquant jusqu'à mi-cuisse et en moulant le bombé de ses fesses. Sa petite taille ne gâchait en rien l’apparition la faisant ressembler à une poupée. 

  Anaëlle rompit le charme en riant et en disant.

  • “ Voilà qui est acté ! Le jugement d’Aly est sans appel. Je vous en achèterai plusieurs afin que vous ayez du change ”.

  Puis elle proposa une autre coupe de champagne. Sabine heureuse de se voir si bien considérée accepta le verre en signalant tout de même que ça lui faisait tourner la tête. Anaëlle était fière de son choix et ne semblait pas jalouse du physique de son œuvre. Comme un artiste qui vient de dégrossir un bloc de marbre. Certes il y aurait encore quelques retouches à faire pensa-t-elle.

  En l'absence d'Anaëlle, Alister passait un peu plus de temps à la maison depuis que Sabine s'occupait de leur ménage. Peut-être plus afin de rechercher sa compagnie que de surveiller son travail. Parallèlement, Anaëlle en l'absence d'Alister, passait elle aussi un peu plus de temps à la maison et sûrement dans le même but. Il lui arrivait même de temps à autre de lui offrir un café ou de l'aider dans de menus travaux comme par exemple plier le linge ce qui lui permettait d'entamer des conversations. Un jour au cours d'une de ces petites pauses Anaëlle demanda à Sabine.

  • “ Dites moi Sabine, si ce n’est pas indiscret, vous avez un petit ami ? “ 

Elle répondit que “ Non ” en baissant les yeux.

  • “ Et comment ce fait-il ? Mignonne comme vous ếtes .” 

  • “ J'ai déjà eu un petit copain, mais ça c'est mal passé et depuis les garçons ont peur de moi.”

  •  “ Ah bon ! Vous m'intriguez comment peut-on avoir peur d'une jeune fille aussi menue que vous et qui semble si fragile ? ”

  • “ C'est qu' en fait, ils disent que je ne suis pas normale. Excusez-moi, mais ça me gêne de parler de ça avec vous “.

  • “ Allons, allons, Sabine ! Nous sommes entre filles et vous savez, je vous aime bien. Si vous voulez me parler et que je peux vous aider en quoi que ce soit n’hésitez pas. Mais bon, je n’insiste pas.” dit-elle en agitant ses mains devant elle au même rythme que sa tête dans un signe de négation. “ On à tous besoin de garder nos petits secrets ”. 

Mais on ne pouvait pas éconduire Anaëlle ainsi. Elle attendit quelques minutes, faisant rapidement dans sa tête le tour des choses qui font peur aux garçons chez les filles en dehors du mystère même qu’elles incarnent. Elle était tellement jolie qu’il ne pouvait pas s’agir de son physique. De plus, la Nature l’avait dotée d’une poitrine, qui loin de faire fuir les hommes, devait plutôt les attirer. Il suffisait de voir où se posaient les yeux d’Alister quand il la regardait. Elle reprit.

  • “ Une petite amie alors ? “ Et après un bref instant elle ajouta “ Vous savez il n'y aurait rien de mal et une amie, intime, comprendrait peut-être mieux vos petits problèmes “ 

  • “ Non plus ! Et “petit problème” n’est pas vraiment le mot qui convient “ répondit Sabine avec une moue ironique et presque triste avant de se fermer comme une huître.

  Elles continuèrent à replier et ranger le linge. 

  Quelques jours passèrent Sabine déambulait dans l'appartement, vacant à ses occupations. La voir ainsi s'activer dans sa petite robe bleue était un régal pour les yeux. Certes elle faisait un peu plus attention à ses positions quand ses patrons étaient là. Mais cette robe bien que moulante lui laissait une certaine liberté. A travailler ainsi vêtue elle se sentait jolie en plus d’être utile. Les regards qu'elle croisait dans cette maison étaient plein de sollicitude et faisaient naître à chaque fois un petit sourire presque affectueux. Alister ne fermait jamais la porte de son bureau quand elle était là à la seule fin de la voir passer dans le couloir. Anaëlle pratiquait de même mais de plus, elle lui demandait sans cesse de petits services dans le simple but de la faire s'approcher au plus près d'elle. 

  Anaëlle n'avait pas dit son dernier mot. Cette histoire de “ petit problème “ lui trottait dans la tête. Il fallait qu’elle sache. Profitant d'un moment de détente où elle avait invité Sabine à prendre un café avec elle, elle voulut reprendre la conversation là où elles l'avaient laissée quelques jours auparavant. 

  • “ Alors Sabine, toujours pas de petite ou petit ami en vue? Vous sortez au moins pour rencontrer des gens “

  • “  Non ! En fait j'ai assez de travail ici et chez mes parents et je n'ai pas très envie de sortir pour qu'on se moque de moi “

  • “ Mais enfin, pourquoi se moquerait-on de vous ? Vous avez bien quelques copines  à qui vous confier ?”

  • “ Justement ce sont ces mêmes copines et le premier garçon que j'ai connu qui ont dévoilé mon secret maintenant dès que l'on me regarde avec insistance je m'imagine que la personne que je croise connaît tout de moi. ”

  • “ Mais c’est si grave? C’est une maladie ? Il n’y a rien à faire ? “

  • “ Disons que c’est une malformation “ Elle se leva et se mit à pleurer en disant “ Il me reste du travail, je vais plutôt le finir. “

  Et elle se dirigea vers la cuisine laissant Anaëlle songeuse pendant quelques instants. Puis la maîtresse de maison la rejoignit alors qu’elle rangeait de la vaisselle en sanglotant. Ses bras levés vers les placards faisaient remonter sa petite robe bleue, laissant voir la naissance de ses fesses recouvertes d’une minuscule culotte blanche en dentelle. Le petit tablier ne pouvait plus rien cacher. Bien que émue par les larmes de la jeune fille, la vue de ce petit cul rebondi lui envoya une légère contraction dans le bas ventre. De ses bras, elle entoura la taille de la jeune fille, la serra contre elle et posa sa tête sur son épaule en disant. 

  • ” Allons, tout doux ! Ce n’est sûrement pas si grave. Il n’y a rien d’insurmontable dans la vie et nous pouvons peut-être vous aider.” 

Elle finit sa phrase dans un chuchotement en la collant plus fort contre elle. Elle s'aperçut qu’elle lui embrassait la nuque juste sous ses cheveux fauves qu’elle avait remonté en chignon. Elle relâcha un peu son étreinte, mais Sabine qui pleurnichait toujours, en reniflant, n’essayait pas de s’y soustraire. Elles restèrent plusieurs minutes ainsi enlacées et les sanglots se dissipèrent. Anaëlle reprit la parole doucement au creux de son oreille. 

  • “ Tu veux bien me dire ? “

Elle hésita quelques secondes puis se lança.

  • “ J’ai, depuis ma naissance, ce qu’ils appellent, “ une particularité anatomique qui se traduit par une hypertrophie du clitoris ”. Ce n’est pas douloureux mais je ne peu pas me mettre en maillot de bain sans qu’on me regarde comme un mec avec des gros seins ou une femme avec un sexe d’homme. Depuis que je suis sorti avec ce gars qui à mis sa main dans ma culotte avant de me laisser tomber aussitôt, j’ai connu tous les superlatifs désobligeants. Même mes amies les plus proches me traitent maintenant de monstre, de bique et bouc, de trans ou de travelo sans chercher à comprendre.” Elle se remit à pleurer et entre deux hoquets, elle ajouta. 

  • “ J’ai déjà 24 ans, mais avec cette difformité, je ne trouverais jamais quelqu’un qui m’aime et je ne connaîtrais le plaisir que par moi-même ! ” 

Anaëlle la serra plus fort en la berçant comme une petite enfant et toujours en chuchotant pour la calmer, elle dit; 

  •  “ Je suis certaine qu’il existe une solution, une opération peut-être ? Je vais me renseigner pour toi ! Cesse de pleurer maintenant ! Et pour ce qui est de faire l’amour rassure toi, il n’y a pas que des idiots. On trouve toujours chaussure à son pied, homme, ou femme. D’ailleur moi même, je te trouve ravissante et même désirable. J’adore mon mari, mais je dois bien avouer que quand je t’ai vue pour la première fois j’ai été troublée.”

Elle la tenait toujours enlacée par la taille mais sa main droite était descendue sur son ventre juste au-dessous de son nombril. Elle fut tentée de continuer plus bas mais elle craignait d'effrayer la jeune fille par sa curiosité, elle se contenta alors de quelques pressions sur le ventre qui se fit dur, rapprochant ainsi les petites fesses contre son abdomen à elle et déclenchant de petits frissons.

 Sabine se sentit bien entre les bras de sa patronne qui lui témoignait un peu plus d’intérêt qu’à une vulgaire femme de ménage. Elle constata que malgré ses manières quelque peu autoritaires, Anaëlle pouvait faire preuve de compassion voire même de tendresse. Il y avait longtemps que cela ne lui était pas arrivé, même dans la maison de ses parents, où elle se sentait plus au service de sa famille que chez Anaëlle et Alister. Elle se dégagea cependant en remerciant Anaëlle de son soutien. 

  • “ Merci ! Moi aussi je vous apprécie vraiment beaucoup, vous et votre mari bien sur ! Mais, s’il vous plaît ! Je compte sur votre discrétion. Je n’aimerais pas qu’il me regarde comme une bête curieuse. Je le trouve tellement gentil que s’il était au courant, je pourrais prendre ses sourires pour de la pitié “ .

  • “ Rassure toi ce sera notre petit secret et nous pourrons en partager d’autres si tu veux . “ Lui dit-elle avec un clin d'œil plus coquin que complice. 

Sabine rougie, après l’aveux qu’ Anaëlle venait de lui faire, comment devait-elle comprendre cette phrase.

Les jours passèrent. Chacun étant occupé à ses affaires, ils se croisaient à divers moments de la journée. Alister était égal à lui-même mais il n’oubliait pas de la féliciter sur son travail ou sur les petits plats qu’elle leur préparait. Anaëlle, entre deux directives ne manquait pas de lui rappeler combien elle était efficace et toujours aussi désirable accompagnant son propos d’une petite caresse amitieuse, sur le bras, la taille ou la joue. Elle ajoutait de temps à autre qu’elle s’occupait du “ Petit secret.”

 Un matin, Sabine arriva pour prendre son service. Les deux voitures étaient garées dans l’allée et la porte d’entrée était fermée. Elle l’ouvrit et à peine dans le couloir, elle entendit des gémissements qui provenaient de la chambre débarras. Étonnée, son premier réflexe fut d’aller y voir mais les bruits ne prêtaient pas à confusion, c’était bien Anaëlle qui criait de plaisir parmi d’autres sons qu’elle ne distinguait pas bien. Pensant d’abord s’éclipser et revenir plus tard, elle se faufila pourtant dans la cuisine. Le bruit de quelques casseroles les préviendrait bien de son arrivée. Mais rien n’y fit, il lui sembla même qu’Anaëlle s’était mise à réclamer plus fort “ Encore, encore, encore ! ” Seule dans la cuisine, Sabine rougit en pensant que cela l'excitait. Mais, elle aussi se sentit toute émoustillée. Faisant remonter sa petite robe bleue tout en caressant l'intérieur de sa cuisse, elle fit glisser sa main dans sa culotte et rencontra aussitôt son excroissance qu’elle pinça en provoquant à chaque fois une petite décharge électrique. Elle guettait les bruits qui provenaient de la chambre et quand elle entendit les râles se mélanger, elle frotta plus fort sa chatte et son clito pour les accompagner dans leur jouissance. Quelques minutes passèrent, la porte s'ouvrit et Alister déambula nu, sexe pendant, à travers le couloir en direction de la salle de bain. Quand il vit Sabine toute rouge, il fit un “Oups! Désolé” et courut  s’enfermer tout en criant “ Chérie ! Sabine est arrivée ! “ On doit être en retard “. Anaëlle parcourut elle aussi le couloir et quand elle arriva dans l'encadrement de la porte, elle aussi était nue, mais elle ne courut pas pour se cacher. Elle prit une pose langoureuse en s’appuyant sur le chambranle. Elle pensa que la rougeur sur le visage de Sabine était due à sa nudité mais elle ne pouvait pas savoir qu’elle provenait aussi de son orgasme solitaire.

  • “ Bonjour Sabine ! Désolé nous ne t’avons pas entendu arriver. Et je crains que nous soyons effectivement en retard.”

 Elle était encore jolie bien qu’elle fut plus âgée qu’elle. Ses seins étaient mignons et beaucoup plus petits que les siens et son sexe visiblement épilés se cachait entre ses cuisses légérement croisées. Elle exhibait son corps encore tout chaud d’une nuit d’amour. Peut-etre dans l’espoir d’émoustiller la jeune femme. Qu'aurait-elle pensé si elle avait sû que ses propres gémissements l’avaient fait jouir quelques instants auparavant.

  • “ Bonjour Madame Anaëlle! J'espère que je ne vous ai pas dérangée  ” dit Sabine qui préféra regarder le sol.

  • “ Pas du tout ! Je dois même avouer que de t’imaginer derrière la porte entrain de te caresser m’a fait jouir plus fort ” Dit-elle avec un sourir malicieux

  • “ Ho Madame “ s'exclama Sabine toute confuse.

Alister sorti de la salle de bain cédant la place à sa femme. Il était maintenant habillé, prêt à partir au travail. Il s’excusa encore de sa tenue. Sabine lui affirma qu’elle n’avait pas prêté attention. Pourtant elle avait largement eu le temps de voir sa bite toute molle qui ballottait en tous sens pendant qu’il courait jusqu'à la salle d’eau.

  • “ Monsieur Alister, prenez tout de même un café, Il est tout chaud”

  • “ Merci Sabine, vous êtes une mère pour moi.”

 Il avala, debout, la tasse qu’elle lui présentait et quitta la maison.

Anaëlle avait fait couler un bain et Sabine entendit le clapotis de l’eau. Anaëlle l’appela.

  • “ Sabine ! Je pense que je vais prendre la matinée. Peux-tu m'apporter un thé, puis quelques habits d’intérieur, s’il te plaît. “ 

Le ton sonnait plus comme un ordre que comme une demande, mais Sabine en avait pris l’habitude et ne s’en offusquait pas. Elle apporta un thé qu'elle posa sur une tablette prévue à cet effet puis une robe et un pantalon d'intérieur qu’elle déposa sur un valet de pied. Une épaisse couche de bulles recouvrait Anaëlle dont il ne dépassait que le buste avec la tête et les seins et plus loin, ses genoux repliés. Elle sortit un bras de la mousse et fit signe à Sabine de s'asseoir sur le bord de la baignoire. Puis lui prenant la main, elle dit.

  • “ Je me suis renseignée à propos de ton petit problème. Il existe bien une opération et nous pourrions t’aider financièrement si cela s’avère nécessaire. Mais tous les médecins s’accordent à dire que c’est un acte qui doit être mûrement réfléchi car il n’y a pas de retour en arrière possible. Et que si tu ne ressent pas de douleur physique avec ou sans rapport sexuel, il n’y a pas d’urgence à sacrifier cet organe. Mais bien sûr, la décision t'appartient. “

Le fait que Anaëlle s'intéresse réellement à ses soucis mit Sabine en confiance et elle se dévoila un peu.

  • “ Pour les rapports, je ne sais pas car je n’en ai jamais eu. Mais en temps normal je n’ai pas mal. j’évite les pantalons car quelquefois les frottements peuvent être gênants, mais d’autres fois ils sont si excitants que je ne résiste pas au plaisir de me caresser.  Dans l'ensemble, je préfère mes petites robes et je me sens plus libre quand je me promène sans culotte.”

  • “ Soit ! Dorénavant, je t’autorise à ne plus porter de culotte sous ta petite robe bleue.

 dit-elle en riant puis elle se reprit 

  • “ Mais juste quand Alister n’est pas là.” 

Elle ne lui avait pas lâché la main de toute la discussion et lui caressait maintenant l’avant bras essayant en même temps d’attraper le regard vert qui cherchait à fuir. 

  • “J’aimerais t’aider à surmonter tes craintes ! Et j’ai vraiment envie de te faire l’amour ! Ça te plairait d'essayer ? Rien qu’une fois ! Rassure-toi il n’y a pas de condition et tu peux refuser bien sûr. Mais moi ça me ferait vraiment plaisir que tu dises oui. “ 

Sabine ne savait plus très bien quelle conduite adopter. Ne risquait-elle pas son travail si elle se défilait ? Peut-être autant que si elle acceptait et se faisait virer juste après comme une malpropre. Elle voulut se relever. La main se serra sur son bras mais sans violence avec juste assez de fermeté pour la retenir le temps de dire.

  • “ Je t’en prie, j’ai envie de toi. ”

  • “ Je.. Je ne sais pas ! J’ai jamais fait ça ! Et encore moins avec une autre femme “

  • “ Je serais très douce et nous prendrons notre temps. Si cela te déplait nous arrêterons sur le champ. Viens ! Déshabille-toi ! ” 

Elle l’invita dans la baignoire. Sabine n’osa plus refuser autant par envie que par curiosité. Après tout le plaisir charnel solitaire elle aimait cela. A deux ça ne pouvait pas être moins bien, sinon mieux. La petite robe bleue glissa sur le carrelage, son soutien gorge libéra sa poitrine opulente et elle entra dans la baignoire en gardant sa mince culotte de dentelle. Elle tournait le dos à Anaëlle qui écarta les jambes quand elle s’assit entre ses cuisses. Anaëlle prit un savon parfumé et le passa sur le dos moucheté de taches de rousseur puis elle le caressa en frottant doucement du plat de ses mains ensuite elle la prit par la taille et la fit glisser jusqu'à elle. Le ventre d’ Anaëlle rencontra le dos de Sabine qui sentit les seins se plaquer contre ses omoplates. Les mains faisaient maintenant le tour et savonnaient le buste, soupesant les mamelles et énervant les tétons entre leurs doigts. Sabine se laissait aller, savourant les caresses, cambrant les reins pour mieux offrir ses mamelons aux titillements. Puis une main se hasarda à descendre sur le ventre, se glissa sous la dentelle et voulut s’insinuer entre les cuisses qui se refermèrent.

  • “ Pas tout de suite s’il te plait ! On peut aller dans votre chambre et tirer les rideaux”

  • “ D’accord si tu préfère ”

                                                        

Elles se sêchèrent mutuellement et Anaëlle en profita pour embrasser Sabine d’un long et doux baiser qu’elle lui rendit. Elles allèrent dans la chambre. Quand elles furent dans l’obscurité relative des persiennes, la petite culotte de dentelle mouillée tomba sur le sol et Sabine s'allongea sur le lit aux côtés d’ Anaëlle. Celle-ci l'embrassa à nouveau puis embrassa ses tétons, sa main caressa son ventre et descendit en cercles caressants. Sabine se raidit et resserra ses jambes.

  • “N’ai pas peur, laisse moi faire.” 

La main repris sa course sur le pubis vers le sexe coincé entre les deux cuisses. Sabine frissonnait d'appréhension et de plaisir mélangé. Elle savourait autant les caresses que les baisers. Mais elle redoutait le moment du contact des doigts et de son appendice proéminent. Quand cela se produisit, elle fut traversée par un courant électrique. C'était la première fois que quelqu’un d’autre qu’elle le touchait de cette façon. Anaëlle lubrifia deux de ses doigts avec sa salive et les fit glisser sur le clito pour le branler. Sabine gémissait agité de soubresaut à chaque mouvement de la branlette. Puis le plat de sa main glissa sur le gros bourgeon nerveux et se saisit des lèvres comme pour les arracher en douceur. Elle les relâcha aussitôt les frottant l’une contre l’autre, toujours du plat de la main, provoquant ainsi la production d’une mouille qui se mit à couler pour lubrifier le vagin, pendant que Sabine frémissait en gémissant.  

Anaëlle délaissa les tétons qui bandaient et continua ses baisers vers la chatte humide de la jeune fille. Sur la peau laiteuse de son entre cuisses, soigneusement épilé à cause de son hyperpilosité, les lèvres roses et basanés de son sexe resemblaient à des caroncules de dindon d’où dardait un clito en érection qui lui parut enorme. Encapuchonné, il ressemblait à un petit pénis.  Associé à un vagin, c’était effectivement assez impressionnant et elle comprenait mieux la réaction du premier jeune amant de Sabine.  ” Voilà donc la raison de ton complexe, pensa-t-elle. Mais elle continua ses baisers. D'abord quelques coups de langue sur le capuchon firent dresser le petit gland qu'elle engloutit aussitôt, le léchant et l’aspirant successivement. Sabine vibrait et gémissait à chaque succion sur le prépuce oubliant momentanément les causes de son anxiété. 

Pour Anaëlle, gourmande du sexe de Sabine, les petites lèvres pendantes étaient agréables à lecher et à suçoter avec cette impression d’en avoir plein la bouche comme une huître bien charnue et le petit cornichon était beaucoup moins aigre que le légume que l’on trempe dans la saumure. Sa langue s’insinua dans la fente apprivoisant les bords pour s’enfoncer plus profondément. Elle fut rejointe par les doigts qui cherchèrent un passage entre les lèvres en les caressant de bas en haut. La lubrification se fit et un doigt plus coquin que les autres trouva son chemin et s’agita doucement à l'intérieur du petit vagin dont le gardien gênait l’entrée. La langue agile d’Anaëlle l’écarta et deux autres doigts prirent sa place, trouvèrent le chemin et vinrent remuer avec le premier. Sabine tressautait de jouissance dans le lit comme une damnée sur un matelas de braises.

Anaëlle était aux anges. Ses seins étaient durs et ses tétons pointaient, sensibles au moindre frottement. Sa chatte en ébullition aurait bien aimé se faire pénétrer. Mais elle était fière de l’effet qu’elle produisait chez son élève. 

Sabine gisait sur le lit, bras en croix, yeux fermés, défaite. Anaëlle à genoux près d’elle, introduisit les doigts de sa main gauche dans sa propre vulve et les remua dans son vagin tandis que deux doigts de sa main droite triturait son clito et le pinçait quand il chercher à fuir. Elle ne mis pas longtemps à jouir elle aussi, libérant un petit jet qui se perdit dans le drap du lit, avant de se laisser tomber aux côtés de Sabine qui reprenait à peine ses esprits. Elle posa sa tête sur le ventre blanc qui fut parcouru de petits frissons. Elle pensa à cette question qui obnubile tous les hommes : “ Alors heureuse ? ”. Mais l’air béat de Sabine lui donna sa réponse. 

 Elles restèrent ainsi de longues minutes, sans parler. Réfléchissant peut-être aux conséquences de leur folie. Puis Anaëlle se leva enfila sa tenue d’intérieur et dit avec un sourir au coin des lèvres. ( de sa bouche ) 

  • “ Vous pouvez changer les draps “

Puis elle se dirigea vers la salle de bain.


( A suivre…)




                                                                                                     Diablotin Lubrique

                                                                                                                        

  

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